Le Dimanche des Rameaux


De l'Épître aux Romains
Et nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu’il a appelés selon son dessein. Car ceux que d’avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères ; et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés" (Romains 8, 28-30).
De saint Léon le Grand

Les temps étant donc accomplis, […] Jésus Christ, fils de Dieu, pénétra dans les bas-fonds de ce monde, descendant du séjour céleste tout en ne quittant pas la Gloire de son père, venu au monde selon un mode nouveau, par une naissance nouvelle. Mode nouveau, car, invisible par nature Il s'est rendu visible en notre nature ; insaisissable, Il a voulu être saisi ; Lui qui demeure avant le temps, Il a commencé à être dans le temps ; maître de l'univers, Il a pris la condition de serviteur en voilant l'éclat de sa Majesté ; Dieu impassible, Il n'a pas dédaigné d'être un homme passible ; immortel, de se soumettre aux lois de la mort.

* Saint Léon le Grand est originaire de Toscane. Il a été pape de 440 à 461
Giotto (1266-1337), l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, Chapelle Scrovegni, vers 1305, 20x18,5
Méditation

LE MÉMORIAL que nous célébrons pendant la semaine sainte ne consiste pas seulement à commémorer des événements du passé. C’est bien plus que cela, il s’agit du mystère de chaque homme issu de Dieu. Nous sommes invités à entrer dans la compréhension de notre propre existence inscrite dans la suite et l’origine de celle de Jésus. C’est bien une communion charnelle profonde qui nous unit à Lui et nous fait revivre ce qu’il a traversé en même temps qu’elle nous apprend à déchiffrer notre propre vie. C’est bien un mémorial vivant, présent, qui nous concerne en personne.

Cette semaine est encadrée par deux triomphes. Le premier, fabriqué et éphémère, celui du monde, est offert avec liesse et tapage par les foules de Jérusalem à Jésus qu’elles veulent pour roi. Ces mêmes qui dans trois jours lui préféreront Barrabas. Le deuxième, vrai et impérissable, celui de Dieu, est discret et silencieux, la victoire totale de la vie sur la mort.

Aucun des événements de la vie du Christ ne se peut contempler dissocié de l’ensemble. C’est le même — ce fils — qui monté sur une ânesse (accompagnée de son ânon*) se laisse ovationner comme fils de David. C’est le même — ce fils — qui s’enfonce dans l’humanité et que bientôt nous verrons défiguré. C’est le même — ce fils — qui en dépit d’un corps meurtri conserve sa réalité divine et glorieuse. C’est le même — ce fils — qui sort victorieux du tombeau et conserve sa réalité humaine humiliée mais transfigurée.

Une personne ne se réduit pas à ce qu’elle est en train de vivre. Il n’y a pas un Jésus-roi, puis un Jésus-crucifié, puis un Jésus-revivant. Il y a une seule et même personne, une chair tout entière, unique et éternelle, vulnérable et incorruptible. Cette chair nous est exposée successivement dans les événements d’une histoire, mais elle n’est pas fragmentée. Quoi que nous vivions, il en est de même pour nous. Il en est ainsi de ceux qui proviennent de Dieu et y retournent.
Jean Pierre Brice Olivier, o.p.
NOTE :
Pourquoi une ânesse et un ânon en Matthieu 21

 
“Il y a un point commun entre l’âne et l’homme, c’est que leurs premiers-nés à tous deux doivent être rachetés. On lit en Ex 13, 11-13 : “Lors donc que YHWH t’aura fait passer au pays du Cananéen, selon ce qu’il a juré à toi et à tes pères, et qu’il te l’aura donné, tu feras passer à YHWH quiconque fend la matrice ; et quiconque est le premier de portée du bétail qui est à toi, s’il s’agit d'un mâle, il est à YHWH. Tout premier-né d’âne, tu le rachèteras par un agneau, et si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque. Tout premier-né d’homme, parmi tes fils, tu le rachèteras.” On apprend en Lv 12, 6-8 que l’animal qui rachète le fils premier-né est un agneau. Ainsi le premier ânon d’une ânesse et le premier-né d’une femme ne sont pas sacrifiés, à la différence de tout premier-né des autres animaux, mais rachetés”.
Ph. LEFEBVRE, Livres de Samuel et récits de résurrection, Paris, Cerf, Lectio Divina, 1993, p. 400-401
Chronique liturgique
LA SEMAINE SAINTE S'INAUGURE avec le rappel de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem par la célébration des rameaux immédiatement suivie de “la messe de la Passion” au cours de laquelle est lu le récit entier de la Passion.

Toute la liturgie de cette semaine est une dramaturgie qui nous conduit progressivement et gravement jusqu’à la mise à mort du fils de Dieu et à sa résurrection.

Les jeudi, vendredi et samedi saints s’ouvrent dans la vie monastique par un long office appelé “office des ténèbres”. Il commence par un texte chanté des Lamentations de Jérémie. Cet office sobre et déployé se compose de psaumes et de lectures extraites de la bible et des homélies des Pères de l’église.

Jean Pierre Brice Olivier
Les “leçons de ténèbres“ ont inspiré des musiciens comme Charpentier, Couperin, Gesualdo et Vittorio.
Giotto (1266-1337), détail de la Déposition, Chapelle Scrovegni, vers 1305, 20x18,5
 
La prédication du jour
Lectures+
Nous signalons un bel article de Philippe Lefebvre :
dans "Communio", Revue Catholique Internationale, tome XXXIV/1, 2009
"L'entrée du Christ à Jérusalem. Lumières de l'Ancien Testament",
p.53-69.

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