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Jean Pierre Brice Olivier

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27ème Dimanche du Temps Ordinaire


Devoir conjugal ou passion amoureuse
?

Luc 17, 5-10

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous aurait obéi. Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : ‘Viens vite prendre place à table’ ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : ‘Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : ‘Nous sommes des serviteurs inutiles : nous n’avons fait que notre devoir’ »

Nous sommes des serviteurs inutiles : nous n’avons fait que notre devoir.

Telle est l’ambition et la satisfaction de nombreux chrétiens, et aussi la culpabilité de beaucoup d’autres…Serviteurs inutiles, nous n’avons fait que notre devoir. Quelle tristesse, mon Dieu !
Jésus s’adresse aux disciples qui lui demandent quelque chose d’impossible : augmenter leur foi.
Que devrait-il encore ajouter à sa parole, à sa présence, à ses miracles, à sa chair ? Quel signe doit-il accomplir pour les convaincre, les persuader de croire en lui ?
La foi en quelqu’un est totale, accomplie, ou elle n’est pas. Croire un autre, lui faire confiance, réclame de nous toute notre adhésion, sans réserve, sans défiance.
Ainsi, Jésus se moque des apôtres en leur indiquant que s’ils avaient la foi de la taille d’une graine de moutarde, ils pourraient ordonner à un arbre d’aller se planter dans la mer. Acte bien utile !
La foi se cultive, s’approfondit, s’affine, s’affermit, mais elle ne se quantifie pas, ne s’augmente pas, ne se compare pas.
Le disciple qui se place dans un rôle de « serviteur qui fait son devoir », est en effet un valet qui en vérité ne sert pas, un serviteur inutile d’une idole vaine.
Dieu n’a que faire de séides, ils lui sont assurément un obstacle plutôt qu’une aide.
Dieu n’est pas un maître qui exige d’être servi, mais un père qui réclame notre amour.
Nous ne sommes pas là pour exécuter des ordres, en bons petits soldats.
Dieu nous veut libres, autonomes, souverains. Il n’a nul besoin de fonctionnaires serviles.
Nous sommes appelés, par notre vocation d’homme et de femme à être bien plus que des majordomes et des servantes. Nous sommes invités à être amis (Jean 15, 15), amis de Dieu, élus par lui.
Jésus exhorte ses auditeurs à sortir du devoir bien fait qui assure une bonne conscience, pour entrer dans l’aventure intrépide d’une relation dans la confiance et l’amour.
C’est bien à partir du consentement de notre être entier à la vie de Dieu que nous le servons authentiquement, dans la joie d’être à celui qu’on aime, sans sujétion ; et que nous collaborons à l’œuvre de salut de notre prochain dans un dévouement infaillible.
Avec Dieu le Père, il s’agit de son royaume, qu’il nous partage pour que nous régnions avec lui.
Avec Jésus le Christ, il est question de noces et de réjouissances en tant qu’ami de l’époux.
Avec l’Esprit, il est question de vie en plénitude dès maintenant et pour l’éternité.
Nous sommes prévenus, un serviteur qui fait son devoir est inutile. Alors précipitons-nous dans les risques imprévus d’une relation amoureuse.
Entre la vie ennuyeuse de l’homme de devoir et celle de l’amant passionné, chacun choisit.

Jean Pierre Brice Olivier 10 16

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