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Viviane de Montalembert

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Stephen Hawking, l’agnostique

"Chacun de nous est libre de croire ce qu’il veut, et mon point de vue est que l’explication la plus simple c’est qu’il n’y a pas de Dieu, personne n’a créé l'univers et personne ne dirige notre destin. Cela m’amène à comprendre qu'il n'y a probablement pas de paradis, ni de vie après la mort. Nous n’avons que cette vie-ci pour apprécier le grand schéma de l’univers, et j’en suis extrêmement reconnaissant." Stephen Hawking, Astrophysicien (1942-2018).

L’astrophysicien Stephen Hawking est décédé le 14 mars dernier. À la suite de plusieurs autres déclarations comme celle-ci, le réflexe a été de le qualifier d'"athée". Or c'est "agnostique" qui lui conviendrait mieux, l’écart entre ces deux mots n’étant pas sans importance. "Agnostique", le terme vient de "gnose", du grec gnôsis qui signifie "connaissance". L’agnostique est celui, en effet, qui n’a pas la connaissance de Dieu. L’affirmation de Hawking selon laquelle "il n’y a pas de Dieu" procédait de sa recherche sur l'origine de l'univers, à laquelle il ne trouvait pas d'explication du côté de ce qu’il est coutume d’appeler le "Dieu créateur". Le scientifique ici ne militait pas comme l’athée contre l’existence de Dieu, mais il posait l’hypothèse que, "de son point de vue" – qui restait celui de la science – il n’y a "probablement" pas de Dieu. Sa proposition, comme toute affirmation scientifique, restait ouverte – très différente du dogmatisme athée qui n’admet pas la contradiction. Hubert Reeves, un autre astrophysicien bien connu, avait alors fait remarquer que Hawking confondait dans sa déclaration deux domaines bien séparés :  celui objectif de la science, et celui subjectif de la religion – qui est aussi celui de l’intime conviction.

Or la subjectivité, on la trouve un peu plus loin dans le propos de Hawking où il se dit "extrêmement reconnaissant" de n’avoir "que cette vie-ci pour apprécier le grand schéma de l’univers". D’où l’on comprend que ce en quoi il se refuse à croire, c'est en un Dieu qui s'imposerait à lui comme un postulat incontournable, court-circuitant ainsi sa recherche et le priverant de son émerveillement devant l’inconnu encore à découvrir. Sachant l’enthousiasme du scientifique à partager avec d’autres toutes ses découvertes – en dépit d’une maladie puissamment invalidante –, il faut admettre qu'un tel agnosticisme est plus positif que négatif et ressemble plutôt à une bonne nouvelle – en grec evangelion, un évangile.

Viviane de Montalembert 03 18

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