Mot à Mot

Jean Pierre Brice Olivier

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2ème Dimanche du Temps Pascal

Thomas Didyme le jumeau
Jean 20, 19-31

Le tombeau est grand ouvert, dégagé par la toute puissance de la vie qu’il contenait, devenu le lieu de l’absence de la mort. Au contraire, l’endroit où se trouvent les disciples est verrouillé, dans la prostration de la crainte, recroquevillé, replié, devenu le lieu de la mort.

Thomas n’est pas avec les disciples dans la chambre haute, il n’est pas là, Didyme est absent aux autres, le jumeau est ailleurs. Pendant huit jours, la parole de ses amis n’a pas été suffisante pour convaincre Thomas que son Seigneur est vivant. Pendant une semaine, le témoignage de ses frères n’a pas été assez probant pour vaincre son incrédulité. La parole du disciple se doit d’être confirmée par sa liberté, la vie que rien ne peut entraver. La panique dans laquelle tous sont emprisonnés invalide leur discours.

Dans cet enfermement mortel, dans cet asservissement lâche, Jésus vient à eux. Il est là au milieu d’eux, il apporte la paix. Le maître n’abandonne pas ses disciples, il leur communique son Esprit. Celui que l’on a tenté de faire disparaître, de désincarner, de déshumaniser est là vivant et libre, au milieu de ceux qui l’ont trahi, se sont enfuis puis cloîtrés dans la terreur.

Pour aborder la chair d’un autre, il y a deux attitudes opposées : l’une douce et tendre, l’autre agressive et violente. L’accueil ou l’indifférence, la rencontre ou le combat. La veille de sa Passion, Jésus approche le corps des disciples, il touche leurs pieds, avec reconnaissance et vénération. Ce même soir, au cours du dernier repas, il se partage lui-même en nourriture. « Prenez et mangez ». « Prenez ». Jésus prête son corps à la saisie, il acquiesce à la capture de sa chair. Le Christ ne s’offre pas seulement à ses amis, il se soumet à la multitude, il autorise même le prédateur à s’emparer de lui. « Saisissez et dévorez ». Le sauveur du monde désire tellement le salut de chaque personne, qu’il va jusqu’à ce don total. Mon sang pour la multitude.

Jésus, dans ce même mouvement, permet à Thomas de mettre la main sur lui, dans ses plaies. Avance ta main, et mets-la dans mon côté. Thomas dont le nom hébreu signifie jumeau est encore surnommé en grec Didyme, c’est à dire jumeau ! Jumeau au carré, jumeau de la multitude. Jésus ne retient rien, il parle à Thomas en même temps qu’il se livre à lui : il accomplit ce qu’il dit. Sa chair dit sa parole, sa parole dit sa chair.

Peut-être est-ce cela qui manquait aux disciples pour vaincre l’incrédulité de Thomas ? Peut-être est-ce cela qui fait défaut aux annonceurs de la Résurrection encore aujourd’hui ?

C’est à la fraction du corps que nous Le reconnaissons, à ce brisement de la chair que nous distinguons ses témoins.


Jean Pierre Brice Olivier 04 18

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