Mot à Mot

Jean Pierre Brice Olivier

Courrier :
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 Précédemment :

Des brebis sans berger

Dieu n'a pas fait la mort

Thomas Didyme

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21ème Dimanche du Temps Ordinaire
Année B


Pour que le monde ait la vie

Jean 6, 60-69

 

Le Verbe de Dieu parle ! Aucun homme, jamais, n’a parlé comme cet homme (Jean 7). Mais son discours n’est ni flagorneur ni courtisan.

Beaucoup de ses disciples déclarèrent : Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? (Jean 6, 60) Que signifie : cette parole est rude, qu’est-ce qui fait la parole rude, sinon elle-même ?

Une parole ­— si elle en est une ­— est toujours âpre à entendre parce qu’elle vient de quelqu’un. Elle est autre et par conséquent séparée, différente, vivante et libre. Une parole — si elle en est une ­— est toujours dans la vérité de celui qui la proclame et elle requiert de ses auditeurs une égale authenticité. Une parole ­— si elle en est une ­— me dit l’autre et l’infranchissable distance qui nous distingue.

Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet (Jean 6, 61). Avec la foule, les disciples protestent. Ce qui est inaudible pour eux est la déclaration faite auparavant par Jésus : Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous (Jean 6, 53). Manger la chair et boire le sang de quelqu’un est en effet écœurant et scandaleux.

Il y a deux mille ans déjà et le comportement du monde ne change pas : il continue de mépriser et dévorer la chair de peuples entiers, il n’a que faire du sang d’un homme et n’hésite jamais à le verser. La volonté du Fils de Dieu est bien de payer, une fois pour toutes, au monde qui le réclame le prix de la chair et du sang pour que plus personne après lui n’ait à s’en acquitter.

Est-ce réellement la violence contenue dans les mots de Jésus qui les rend révoltants et intolérables ? Ne serait-ce pas davantage parce que cette voix dit la vérité et que chaque mot est vrai ? Ne serait-ce pas avant tout parce qu’il s’agit d’une offrande et qu’un don est difficile à recueillir, toujours ? Ne serait-ce pas, plus encore et surtout, parce qu’il y a ici un homme qui se donne ? Quelqu’un qui, par un amour insensé que seuls ceux qui le partagent peuvent connaître, s’offre sans réserve dans sa chair et son sang. Un homme qui par un don inépuisable — lequel dure toujours à cause de l’appétit insatiable du monde et auquel contribuent pareillement génération après génération les amis de Dieu — consent à être déchiré, déchiqueté, dévoré pour que le monde ait la vie (Jean 6, 51).

Blesser quelqu’un et faire couler le sang est habituel, saisir et violer la chair d’autrui est somme toute peu risqué, tandis qu’au contraire il est tellement délicat, ardu et périlleux d’accueillir en vérité le don qu’un autre fait de lui-même. Il est plus facile avec la foule de se scandaliser à propos de la chair et du sang, qu’affronter l’exigence personnelle de recevoir l’aumône d’un autre. Il faut tant d’amour et de dénuement pour faire confiance à quelqu’un et se fier dans sa parole, afin de pouvoir se réfugier en eux. À qui irions-nous (Jean 6, 68) ? Seule, sans doute, notre indigence peut-elle nous permettre d’accueillir le Christ : sa parole entière et toute sa chair. Goûtez comme est bon le Seigneur (Psaume 33, 9) !

Jean Pierre Brice Olivier 08 18

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