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Renaud Escande

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Philosophie

 

Les larmes d'Augustin

Gisèle Mathieu-Castellani

Cet essai s’attache à l’étude de ces larmes,  dont les flots ne cessent de ruisseler dans les Confessions ; leur insistante présence,  rythmant le parcours, est le signe d’une poétique ancrée dans la rhétorique : né d’une vive émotion, le récit doit susciter une vive émotion. La propension aux pleurs témoigne de l’ardent tempérament d’Augustin : toujours inquiet, emporté par ses passions, il ne cesse de lutter contre elles, qui luttent entre elles,  à la recherche de la paix intérieure. Il évoque "le torrent de larmes", "les  fleuves de pleurs" qui inondent son visage chaque fois qu’il ressent une forte émotion : il pleure de douleur en se remémorant ses péchés, ou à l’occasion d’un deuil, mais il  pleure aussi de bonheur lors des fêtes solennelles de l’Église, où "la joie provoque des larmes", ou lorsque la conversion  met une âme sur le chemin du salut. Les larmes posent cependant une épineuse "question" au psychologue, quand il observe qu’elles peuvent charmer un cœur tourmenté : comment comprendre la singulière douceur qu’apporte l’amertume des pleurs ? Et lorsque le spectateur aime à  souffrir à la vue des scènes tragiques qui font couler ses pleurs, lorsque "la douleur est en elle-même son plaisir",  n’y a-t-il point là quelque jouissance perverse ? Assurément, mais s’il est de mauvaises larmes, il en est de bonnes : le souvenir de Monique s’accompagne toujours de l’évocation émue des larmes maternelles, dont chaque jour pour lui elle arrosait la terre sous le regard de Dieu : Augustin est le fils de ces larmes qui l’ont enfanté deux fois, lui donnant d’abord le jour , puis "la vive Vie" dans la foi.

Les Confessions offrent une poétique, une éthique, et une psychologie des larmes. Augustin assure dans les Soliloques que "l’amour est impatient", et qu’il ne saurait mettre fin à ses larmes, avant de posséder ce qu’il aime : c’est cet impatient amour qui anime son écriture ardente .

Renaud Escande 12 11
 
Aux Éditions du Cerf, coll. Épiphanie, 176 pages.

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