À Propos


Viviane de Montalembert


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DIFFÉRENCE ET ALTÉRITÉ … Suite de la conversation
- L'un de nos lecteurs nous a écrit :
Chers amis de LaCourDieu,
Je viens de lire le bel échange entre R. Escande et V. de Montalembert. Permettez-moi de synthétiser brièvement ma propre réflexion - ce message me donne l'occasion de le faire pour moi-même.

Marqué par la tradition analytique, j'étais au départ enclin à voir dans la différence sexuée la matrice (!) symbolique de la différence humaine ; et donc à voir  dans l'institution de la transmission intersexuée (hétéro) de l'humanité, un rappel décisif de ce que l'humanité se partage entre humains différents ; enfin, à craindre que les homosexualités ne soient malgré tout souvent menacées par une logique narcissique.

Mais, d'un autre côté, je voyais  bien que le privilège de l'hétérosexualité implique la stigmatisation et la marginalisation des personnes homosexuelles ; que toute différence a presque toujours été transformée en hiérarchie,  et la différence sexuée en domination masculine ; que la culture qui privilégie l'hétérosexualité  (et donc, théoriquement, le sens de la différence) n'est pas moins habitée par la violence que ne le serait sans doute un autre type de culture ; enfin qu'historiquement et anthropologiquement, les figures de conjugalité et parentalité sont multiples.

J'en suis ainsi venu à comprendre que, dans cette logique, et dans les conditions bio-technologiques actuelles, il n'y a pas de raisons solides, qui puissent exclure le mariage homosexuel. En tous cas pas des raisons chrétiennes !

Je découvre, avec bonheur encore une fois, la simple et courageuse netteté de l'écho que vous donnez à la Bonne nouvelle. Je voulais simplement vous le dire, vraiment fraternellement. Vous me donnez espoir pour notre Église catholique et notre oecuménè chrétienne... et cet espoir est aujourd'hui si malmené !
M…
Réponse :
Cher Monsieur,
La lecture de votre synthèse m'invite à penser plus loin la nature de cette "identité sexuée" supposée ouvrir à l'expérience de la "différence", donc de l'altérité… qui pourtant n'entraîne que domination, violence et exclusion, comme vous le faites remarquer. Permettez-moi de vous livrer ces quelques réflexions qui font suite à vos propos.
Il me semble que la réponse à la contradiction que vous soulignez est à chercher dans le caractère saisissable de cette "différence des sexes" présentée comme une réalité objective et incontestable,  décrite et analysée à l'infini dans toutes ses composantes physiques, psychiques, biologiques, sociétales, et même  "spirituelles"… Or cette "différence" là se situe aux antipodes de l'"altérité" qui ne se connaît que dans l'insaisissable et l'imprévisible, et qui se garde de toute mainmise. La contradiction est flagrante, mais on ne la voit pas. Et c'est là, me semble-t-il, que se glissent le mensonge et la manipulation. Car tant que chacun entendra ce qu'il veut entendre sans prêter attention aux attitudes que recouvrent les mots employés, on va continuer d'imposer les normes de la "différence des sexes" au nom de l'"altérité" sans voir  que "différence" et "altérité", dans cette perspective, se contredisent.
Quant à l’accusation de "narcissisme" portée contre la relation homosexuelle (l'amour du "même"), elle procède, me semble-t-il, du même aveuglement qui voudrait ignorer que l'altérité est la condition même de tout amour, quel qu’il soit. À quoi il faudrait ajouter que le narcissisme se rencontre aussi bien dans une relation hétérosexuelle qu’homosexuelle.
Pour conclure : dès lors que la "différence des sexes" est vue comme saisissable, elle s'inscrit pour moi dans la négation de l'altérité, une mainmise exercée sur autrui suivie de son cortège de violences meurtrières. Il s'agit là d'une imposture. Ainsi, du moment que l'on affirme pouvoir tenir les critères de la "différence", toutes les discriminations deviennent possibles, et pas seulement dans le domaine des identités sexuées.
Bien amicalement,
Viviane de Montalembert

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