à Propos


Viviane de Montalembert

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Fantômette à l’Élisée
"L’état de Grâce", une série française diffusée sur Fr 2, 2006

 
Le film, en 6 épisodes, se voulait une comédie. Le sujet s’annonçait d’actualité : une femme à la Présidence de la République ! C’était, disait-on, l’occasion donnée aux français de réfléchir, en s’amusant, à l’éventuelle élection d’une femme à la Présidence de la République — une femme gracieuse, s’entend, parée de tous les atouts de la féminité ! Et c’est là que la bât blesse, là que ça se gâte, dans les définitions d’hommes et de femmes dont on a cru devoir affubler les personnages, disons plutôt : les pantins du film.

La Présidente installée à l’Élysée, Grâce Bellanger (assez bien jouée par Anne Consigny), on a l'impression de la connaître déjà : jolie femme, la trentaine et un peu plus, bosseuse — la nuit, elle « bachotte » ses dossiers —, honnête, consciencieuse, du bon sens, un brin teigneuse à ses heures, et pourtant… une gamine ! Elle aurait douze ans et serait pensionnaire à l’école des Sœurs qu’on ne la verrait pas autrement. C’est Fantômette* à l’Élysée.

Si elle est là, bien sûr, c’est par devoir et non par plaisir. Honni soit qui mal y pense ! Pas comme ces hommes qui s’accrochent au pouvoir et ne connaissent que ça ! Le film est un condensé de tous les poncifs qui courent aujourd’hui autour de l’exercice du pouvoir politique par des femmes, si différent, n’est-ce pas ? de la façon dont il est pratiqué par les hommes ! On en est désolé pour l’auteur du scénario, qui après tout n’est qu’un homme (Jean-Luc Gaget), qui s’est abaissé à dénigrer son propre sexe jusqu’à la démagogie la plus honteuse. De ce film, les femmes n’en ressortent pas non plus grandies : la mère de la Présidente, bien de son siècle, saute sur le premier conseiller présidentiel venu, la petite conseillère en communication brade son mariage auprès d’un joli garde républicain et la femme de ménage, une sorte de Maïté, joue les mama auprès de la Présidente qui, étant femme, ne peut se passer bien sûr d’être un peu maternée.

Si le film voulait nous convaincre du bienfait de la féminité dans les arcanes du pouvoir, il nous en aura plutôt dégoûtés. La série a fait un flop. Est-ce parce que les français préfèrent suivre l’affaire en 'live', ou bien serions-nous finalement assez perspicaces pour comprendre qu'une telle image de Présidente, si laborieusement élaborée, tient du mirage plus que de la réalité?
Viviane de Montalembert 10 06

* Fantômette est l'héroïne d'une série de livres écrits par George Chaulet et parus dans les années 1960-70. Écolière brillante dans la ville (fictive) de Framboisy, Françoise Dupont est âgée d'une douzaine d'années et mène une double vie car la nuit, elle devient Fantômette, justicière masquée…" cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Fantômette

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