à Propos

Jean Pierre Brice Olivier


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SUITE…

 

 

 

 


Traces du Sacré
Centre Pompidou
du 7 mai au 11 août 2008

UNE GRANDE ET COÛTEUSE EXPOSITION nous est proposée dans le temple de l’art moderne et contemporain. Elle s’intitule "Traces du Sacré", titre délicat qui évoque le mystère et aiguise la curiosité.
Le Centre Pompidou est le troisième lieu le plus fréquenté en France avec environ cinq millions et demi de visiteurs par an, son musée contient 60 000 œuvres d’art.
Le succès de ce lieu lui impose un niveau d’excellence que nous retrouvons ordinairement, comme pour l’exposition Louise Bourgeois ou les présentations du musée… Cependant pour "Traces du Sacré", nous sommes dans l’ennui et ressortons désolés et frustrés.

Les initiateurs de l’exposition "à thème" n’ont pas su distinguer entre sacré / religieux / spirituel / ésotérisme / foi / transcendance… Apparemment ils n’ont pas disposé des outils nécessaires à l’élaboration d’un projet si ambitieux dont finalement seul le titre est clairvoyant. L’art souffre de la confusion sacré — religieux depuis fort longtemps et le public de cette exposition ne sera pas plus éclairé après la visite, au contraire !

Dès les premières phrases de présentation, l’amalgame est consommé et le visiteur n’en sortira pas. Citons : "… Ce questionnement [sur le destin de l’homme] s’est longtemps exprimé dans une relation spécifique entre l’art et le religieux, […] Pourtant cette sécularisation de la société ne signe pas la fin du lien entre l’art et le sacré. Quelles relations entretiennent art et spiritualité ?"

Joan Mitchell (1926-1992) Huiles sur toile vers 1960
Musée d'art moderne de San Francisco
La méprise des commissaires trouble en deux phrases le propos au lieu de le clarifier. Ainsi l’exposition dite “de concept“ est fidèle à ce méli-mélo et nous sommes installés en face d’une sélection embrouillée d’œuvres de qualité assez médiocre.

Pour évoquer la "transcendance", cette présentation sombre dans l’anecdote chaotique. Il ne s’agit plus de nous faire entrevoir des traces du sacré mais de nous écorcher la rétine et de nous embrouiller le cerveau devant un étalage de reliques "religieuses". De plus l’obligation “politiquement correct“ de n’oublier personne nous charrie dans les grandes religions, les mythologies, les sagesses orientales, les spiritualités païennes, l’ironie et le blasphème… On cherche vainement l’art et le sacré. La prétention des artisans de l’exposition est de vouloir et croire apporter des réponses par l’art, quelle erreur ! L’art ne répond à rien, il questionne, dépasse, emporte…

Cependant quelques exceptions heureuses nous ont réjouis, de grandes œuvres connues (Bacon, Malevitch, Mondrian, Rothko, Rouault, Matisse) et d’autres réalisées pour l’exposition, comme celle de Pierre Buraglio intitulée "en quête", qui répond elle exactement au propos, de même l’installation de Bill Viola. Il s’agit ici enfin d’art et non de religiosité, c’est subtil, juste, grand, sacré.
Jean Pierre Brice Olivier 05 08
* Cette œuvre ne fait pas partie de l'exposition.

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