Bouch'Bée


Philippe Lefebvre

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SUITE…


La visite de la fanfare

un film de Eran Kolirin, 2007


Un très beau film israélien. Une petite fanfare égyptienne, constituée de huit militaires en tenue de parade bleu ciel, arrive à l'aéroport de Tel-Aviv. Ils doivent jouer pour l'inauguration d'un centre culturel dans la banlieue de cette ville. Mais ils se trompent de nom et se retrouvent dans un bled paumé du Néguev, au milieu d'une colonie israélienne, une cité poussée dans le désert, sans charme, sans avenir non plus. Les huit militaires musiciens, en situation de fragilité, vont être reçu par quelques habitants, tout particulièrement par la patronne d'un bar un peu calamiteux, sorte de Rahab locale (la belle actrice israélienne Ronit Elkabetz). Le film suit alors quelques-uns des Égyptiens (le chef de la fanfare, son second et le beau gars du groupe) et quelques-un(e)s des Israéliens : confrontés les uns aux autres dans cette situation d'hospitalité improbable, ils vont parler d'eux-mêmes, de leurs solitudes, de leurs détresses. Pas beaucoup de mots entre eux : seulement un anglais flageolant, avec des tirades en arabe ou en hébreu quand les personnages s'adressent aux membres de leurs groupes respectifs. Tout reste discret (il ne s'agit que d'une visite de 24 heures) : cela ne règle pas les problèmes politico-religieux du Moyen-Orient, cela ne change pas non plus la vie des gens ! On montre "tout simplement" quelques rencontres, des humanités à la fois pauvres et glorieuses dans leurs genres, avec quelques scènes très touchantes, des confidences tragiques et sans emphase, pas mal de drôlerie aussi. Par exemple : le beau gosse de la fanfare enseigne par le mime à un pauvre gars israélien comment aborder la fille qui est assise à côté de lui. L’émotion est forte, il n’y a pas véritablement de message politique, certains personnages n’entrent pas dans la rencontre et demeurent furieux ou gênés. On se dit cependant à la fin que ce qui a été vécu et dit l’a été et que cela valait la peine.
Le film m’a fait penser à la visite des mages dans l'évangile de Matthieu : on pourrait dire que ça fait désordre que la Sainte Famille reçoive des astrologues venus dont ne sait où et pratiquant des activités pas entièrement recevables ; cela dit, ils sont venus comme ils sont, une rencontre s’est produite et c’est miraculeux.
Philippe Lefebvre 01 08

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