Bouch'Bée


Viviane de Montalembert

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Mon meilleur ami, film de P. Leconte 01 07

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SUITE…

 

 

 
 
Le diable s’habille en Prada
un film de David Frankel, 2006

 
Un exploit ! Ce film est un exploit de toutes les manières. D’abord par le jeu des acteurs, la beauté des images, l’intensité des dialogues, et l’excellence du vêtement haute-couture qui joue ici comme le personnage central de l’histoire.

Andrea, jeune diplômée d’une grande école, veut être journaliste. Elle décroche, en premier emploi, un poste de seconde assistante auprès de la rédactrice en chef d’un grand magazine de mode. La cheffe s’appelle Miranda, elle est jouée par Meryl Steep, magnifique ! et Anne Hataway en Andréa est époustouflante, et poignante !

Car il ne s’agit pas seulement d’en prendre plein les yeux. L’enjeu du scénario est de taille, et il nous rejoint : ce monde de la mode se révèle d’une exigence remarquable, en même temps qu’impitoyable. Comment Andréa va-t-elle survivre ? Il lui faut tenir un an dans la fonction. Commence alors une course éperdue pour satisfaire aux exigences d’une patronne à qui rien ne doit être refusé. Or Andréa est assistante, et ça lui convient bien. Elle aime servir, elle veut aider, être à la hauteur de ce que l’on attend, elle assiste. Ce n’est pas de l’orgueil, c’est de l’héroïsme, l’héroïsme ordinaire de celui ou celle qui veut vivre, vraiment.

Ses amis, son petit ami, qui se repaissent d’idées raisonnablement généreuses, la désapprouvent. Ils font de la médiocrité leur plus sûr abri, semblables aux amis de Job qui lui font la morale alors qu’il n’en peut plus. « Le diable s’habille en Prada » ? Oui peut-être, mais aussi comme ces gens-là.

La vérité à entendre surgit à la fin du film, dans un fastueux tête à tête entre les deux femmes, un arbitrage sans concession cette fois. Andréa a fait ses preuves. Elle est promue au poste de première assistante, elle a gagné l’estime de Miranda. En un trait fulgurant, apparaît soudain ce qui, à valeurs égales, distingue radicalement les deux femmes : l’une peut, pour avancer, écraser un plus faible que soi, tandis que l’autre ne peut pas.

La leçon est biblique. On la trouve dans le Psautier à toutes les pages, et dans nos vies également.

Viviane de Montalembert 10 06

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