Mot à Mot


Viviane de Montalembert

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SUITE…  

 
L'onction de Béthanie
Jean 12, 1-3
 
"Alors Marie, prenant une livre d’un parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les frotta avec ses cheveux et la maison s’emplit de la senteur du parfum".

Après avoir ressuscité Lazare, c’est vers sa propre mort-résurrection que Jésus cette fois est propulsé. Il le dit : "…c’est pour le jour de ma sépulture qu’elle devait garder ce parfum" (Jn 12, 7), pour embaumer ce corps qui bientôt sera mort.

Mais c’est un corps vivant dont Marie choisit de prendre soin, pas un cadavre. Elle anticipe la mort pour en annuler les effets, nier le pouvoir de la corruption — ce pourrissement qui prétend dévorer les chairs pour en effacer la trace. L’embaumement pratiqué sur un corps mort n’a d’autre pouvoir que de lui conserver sa rigidité cadavérique, tandis qu’imposé au vivant il devient onction tonifiante.

Versant une abondance d’huile parfumée sur les pieds de Jésus, Marie les lui « masse complètement » (traduction littérale) — pour y faire pénétrer l’huile en profondeur ; elle les lui frictionne avec ses cheveux, comme au gant de crin. Elle lui prodigue les soins destinés à un sportif de haut niveau, lui prépare les pieds pour la rude course qu’il doit accomplir, et déjà lui promet la victoire. On est là très loin des mièvreries qui voudraient nous présenter une Marie Madeleine alanguie, écroulée au pieds de son Seigneur. C’est la vérité du geste qui sauve, pas le sentiment ; or la vérité est toujours théologique. C’est à ce niveau que s’opère la délivrance du mensonge qui longtemps nous empêtre.

« …avec ses cheveux ». Les cheveux sont, sur la tête, ce qui prolonge le corps en croissance vers le haut. Par sa présence à ses pieds, Marie élève Jésus au-dessus d’elle ; elle lui donne la mesure de son extension au ciel. Les senteurs emplissent la maison. Tous y sont conviés.

Viviane de Montalembert 04 06

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