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Jean Pierre Brice Olivier

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Beaucoup d'appelés et peu d'élus Mt 22 1-14 j

Tuons l'héritier

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : "Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.' Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! Tuons-le, nous aurons l'héritage !' Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ?"

On lui répond : "Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu."

Jésus leur dit : "N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit" (Matthieu 21,33-43).

Cet évangile est limpide. Tuons l’héritier pour confisquer l’héritage…

C’est bien là depuis toujours le péché du monde.

À la genèse, l’homme préfère chasser Dieu de son domaine pour — pense t-il — jouir parfaitement de sa liberté. Il estime que Dieu lui fait de l’ombre et l’empêche d’être pleinement libre pour disposer de lui-même. Il ne peut accepter de partager avec Dieu la souveraineté sur la création, il revendique de s’installer dans son autocratie.

Adam ne désire en aucune manière partager son avoir, ni recevoir quoi que ce soit de qui que ce soit. Il ne reconnaît pas que l’alliance situe l’homme à l’égal de Dieu pour régner avec lui.

L’homme en décidant de se nourrir à l’arbre du bien et du mal a préféré la mort solitaire plutôt que la vie avec un autre.

Caïn tue Abel, jaloux de l’héritage que ce dernier partage avec Dieu. Tout au long de la bible, nous voyons les héritiers de Dieu saisis, frappés, tués et lapidés par ceux-là mêmes qui avaient reçu la vigne en fermage.

Finalement, le maître envoie son fils en se disant qu’il le respecteront, mais lui aussi est jeté hors de la vigne et tué. Lui aussi est exclu, abattu hors du domaine, mis à terre en dehors de la terre.

Le monde a toujours la ferme intention de ne pas partager l’héritage mais au contraire de s’en emparer, de l’accaparer.

Là est le péché du monde, son erreur obstinée : errer seul et dominer au lieu de coopérer et régner avec le Père.

Les hommes ne veulent pas d’autre, d’un autre, sauf pour s’en saisir avidement et mettre la main sur lui.

La pierre rejetée par les bâtisseurs d’empires devient toujours la pierre angulaire ; en même temps qu’elle est aussi pour ces dérisoires maîtres de chimères une pierre d’achoppement. L’écueil que représentent les héritiers du royaume pour ces tout-puissants devient pierre de scandale et occasion de chute. Ils seront renversés de leurs trônes.

En vérité, comme le proclame le psaume 75 au verset 11 : La colère des hommes te rend gloire quand les survivants te font cortège. La fureur même des humains célèbre la gloire de Dieu, parce que le vivant en réchappe toujours.

Mais en attendant, l’obstacle que les fils de Dieu incarnent pour ce petit monde, est aboli par le seul et inique pouvoir du monde, celui qui vient avec la connaissance du bien et du mal : celui de la mort.

Cet évangile est limpide et l’histoire continue…

Jean Pierre Brice Olivier 09 14

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