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"À Propos  Théologie

Lampe 1Fêtée le 14 septembre



La Croix… pourquoi "glorieuse" ?



L
a Croix, pourquoi "glorieuse" ?  – Parce que c’est là, sur la croix,  que "toute chair1", en la personne du Fils livrée à la gloire du Père, acquiert sa dimension divine.

Et bientôt cela se voit : " Touchez-moi et voyez ; un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'en ai2",  triomphe Jésus au soir de sa résurrection face à ses disciples incrédules ; plus tard, il leur cuisinera un poisson qu’il mangera avec eux3. Thomas quant à lui devra y mettre la main, jusqu'à en venir à sa formule décisive : "Mon Seigneur et mon Dieu ! 4". Or "Seigneur" – kurios, en grec – se traduit également par "Maître" ou "Monsieur". Ce "Maître" doncdans la bouche de Thomas est celui dont il a suivi l’enseignement durant ces trois ans, auquel il s’est attaché, qui devient maintenant pour lui : "Mon Maître et mon Dieu" – Dieu-et-homme tout à la fois ! Dans la chair de l’ami, voici qu’il touche la chair telle qu’elle est en Dieu désormais : il touche la chair de Dieu !

Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. [Jn 17, 5]

a prié Jésus à la veille de sa passion. Dieu-et-homme, cela ne se conçoit pas, mais cela se touche et cela se voit, et cela s’appelle "la gloire". Le phénomène en peinture est figuré par une mandorle, un halo de lumière autour de lui, qui resplendit. C’est là la grande originalité de la parole évangélique, que de mettre en scène et matérialiser ce passage de l’état de l’homme inaccompli, fait d'une chair mortelle – telle qu’en lui-même le Fils Unique "né du Père avant tous les siècles" y a consenti – à l’état de l’homme accompli, fait d’une chair immortelle – divinisée –, en laquelle se donne à voir et toucher la gloire de Dieu.

 Père, priait-il encore, glorifie ton Fils, afin que […] ton Fils te glorifie et que, selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. [Jn 17, 1-2]

Cette gloire-là ainsi n’est pas réservée au seul Fils Unique qui a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme mais, à travers Lui en qui tout fut créé, elle est répandue sur "toute chair" d’homme et de femme qui se confient à lui. Une telle gloire ne se conçoit pas mais elle s’observe, où vieillir curieusement revient à rajeunir5 – et cela se voit –, et qui fait à ceux-là qui à la suite de leur Seigneur sont passés par la Croix6 une vie "aiónios" – "sans fin", "éternelle", d’ores et déjà commencée, dont la nature est synthétisée par Paul à son habitude en une formule magistrale :

Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, de gloire en gloire, comme de par le Seigneur qui est l'Esprit. [2  Co 3, 18]  

♦ Viviane M 10 25


1 Luc 3, 6 : "Et toute chair verra le salut de Dieu", dit Jean le Baptiste.
2 Luc 24, 39.
3 Jean 21, 9.
4 Jn 20, 28
5 Voir 1 Co 15, 5, comme en une fin du monde déjà commencée : "Nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés", écrit Paul.
6 Voir précédemment "La porte étroite, de quoi parle-t-on ?".

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