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Mot à Mot / Jean

Lampe 17 ème Dimanche de Pâques/ C


Comme je vous ai aimés

 Jean 13, 34-35

Je vous donne un commandement nouveau :
vous aimer les uns les autres.
Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.

À ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples :
à l’amour que vous avez les uns pour les autres
.

Pourquoi "nouveau", dira-t-on, puisqu'"aimer" dans la tradition judéo-chrétienne depuis l’origine est le maître-mot, qui se décline en deux temps : aimer Dieu / aimer son semblable. Car "aimer" dans la Bible en effet commence avec Dieu : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force [Dt 6, 5], dit Dieu à Moïse… afin que vous viviez et que vous soyez heureux, afin que vous prolongiez vos jours dans le pays dont vous allez prendre possession [Dt 5, 33]. Ainsi aimer Dieu est la voie du bonheur, à quoi vient s’ajouter, dans un autre version plus détaillée des commandements divins : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur [Lévitique 19, 18].

Jésus dans les évangiles en fait la synthèse. Au docteur de la loi qui l’interroge : "Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ?", il répond : "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de tout ton esprit. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes" [Matthieu 22, 37-40].

Mais il fait plus. Il ne se contente pas de reprendre  l'"ancien" commandement d'aimer Dieu, et son prochain comme soi-même – si toutefois on l'a su faire –, mais il lui fait subir en sa personne un saut qualitatif considérable, lui ouvrant une profondeur de champ jusque-là insoupçonnée. Un mot pour le comprendre, qui d’un discours à l’autre rebondit comme un caillou bien rond, dans l'évangile de Jean nous donne le tempo : "comme".

Où : "Tu aimeras… comme toi-même" devient : "Aimez-vous… comme je vous ai aimés", pour se transformer aussitôt en : "comme le Père m'a aimé…"

Comme le Père m'a aimé, moi aussi, je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour [Jn 15, 9].

Là est la nouveauté, qui se déploie de la terre jusqu’au ciel et fait entrer ceux et celles qui lui appartiennent de plain-pied aussitôt dans la danse trinitaire :

afin que tous soient Un comme toi, Père, tu es en moi et comme moi je suis en toi, afin qu'eux aussi soient Un en nous pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée afin qu'ils soient Un comme nous sommes Un - moi en eux et toi en moi -, afin qu'ils soient parfaitement Un et qu'ainsi le monde reconnaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé… afin que l'Amour dont tu m'as aimé soit en eux et que moi je sois en eux [Jean 17, 20-23 ; 26].

Ainsi, aimer "en Dieu" c’est aimer comme s’aiment le Père et le Fils, dans l’Esprit qui est l'Amour même. Aimer de la sorte n’est pas d'abord un sentiment, pas même le résultat de l'effort acétique, mais c’est une disposition, un mode d’être au monde, un élan, une ouverture, une joie offerte à tous et que rien n’arrête. À ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples…, dans la puissance de l’Esprit, c’est aimer comme Dieu aime.

♦ Viviane M 05 25

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