À Propos 


Viviane de Montalembert

Courrier :
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Précédemment :

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et autres articles

Théologie

Il a pris CHAIR de la vierge Marie


La chair dans l’homme est le plus intime, cette part secrète et cachée qui sous la peau ne transparaît qu’à peine mais qui répond pourtant à toutes les sollicitations de son environnement. La chair dans l’humain pâtit et craint, désire et tremble, et ne veut pas être séparée. La chair est affamée du savoir des êtres et des choses, avide de présence. La chair se souvient. En chacun de nous, elle constitue un réservoir de sensations multiples, passées et présentes, d’événements engrangés et conservés, jusqu’aux plus anciens, enchâssés dans un écheveau serré de nerfs et de muscles et charriés dans le sang, qui surgissent et réagissent à neuf à toute sensation nouvelle.

Généalogie de Jésus, Christ, fils de David,
fils d’Abraham

Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, […] Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. (Matthieu 1, 1-25)

La chair, lors de la conception, n’est pas fabriquée de toute pièce en un modèle unique et séparé, détaché d’une ascendance et d’une famille. Mais, à chaque génération, elle est comme recyclée. Chacun hérite ainsi de tel ou tel caractère-type de sa famille et de ses antécédents ; et jusqu'à ses gestes, où l’on retrouve une certaine façon de se tenir ou de marcher qui appartenait au père ou à la grand-mère ; et même des goûts, pour l’art, ou pour la philosophie ou la mathématique ; une certaine finesse de perception ou une intelligence des choses, un savoir manuel ou une appétence artistique, un "don", comme on dit. Et puis il y a aussi les histoires que l’on se raconte dans les familles, de la tante ou de l’arrière-grand-père, qui forgent l’idée que l’on se fait de sa place au monde.

Rien n’est moins solitaire que cette chair vivante d’homme ou de femme qui s’avance dans l’inconnu de sa vie, avec ses désirs et ses humeurs, ses espoirs et ses craintes, et parfois ses découragements. C’est dire que par essence la chair est partagée. Rien ne peut se vivre isolément sans faire que le monde n’en devienne secrètement meilleur ou plus mauvais.

Dieu sauve

L’ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus – c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve –, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés." (Matthieu 1, 20-21)

C’est donc en vertu de cette unicité de la chair à travers tous les temps et tous les lieux du monde que ce Jésus, engendré du saint Esprit, sauve le monde de son péché. Fils de l’homme en sa chair héritée de Marie, et Fils de Dieu par l’Esprit qui l’a ensemencée, c'est ainsi que, s’offrant au Père sur la Croix, il a pu réconcilier en sa propre chair toute chair avec Dieu.

En son cœur

Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. (Luc 2, 20)

Car, si la chair est commune, le cœur en revanche est singulier. Le cœur, dans l’homme, est le siège du vouloir intelligent, et l’attribut de sa liberté. Marie déjà, au moment de la conception de l’enfant, avait questionné l’ange : Comment cela sera-t-il ? Je ne connais pas d’homme (Luc 1, 34). Et voici qu’aujourd’hui encore, devant les bergers venus adorer l’enfant, elle s’interroge en son cœur sur le sens de ce qui lui est donné à vivre.

Ainsi de tout homme ou femme de bonne volonté, invité en cette fête de Noël à décrypter dans sa propre chair le dessein de Dieu pour y déceler cette collaboration intime et mystérieuse avec l’Enfant de la crèche, la même qui fit dire à Paul : Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ (Colossiens 1, 24).

Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et
paix sur la terre aux hommes qu’Il aime !
(Luc 2, 14),
chantent les anges envoyés aux bergers.

Paix aux hommes de bonne volonté !
– selon la traduction de St Jérôme –

Paix donc à vous tous, hommes et femmes de bonne volonté qui, jour après jour et chacun pour sa part, vous offrant au Père dans le Christ, travaillez à réconcilier en votre propre chair toute chair avec Dieu !

                                                                 Viviane de Montalembert 12 19

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